robin_index.gif (9504
                      octets)

chrono.gif (1744
                                octets) poesie.gif (2192
                                octets) roman.gif (1868
                                octets) traduction.gif
                                (2450 octets) critique.gif
                                (1979 octets) ecoutes.gif (2186
                                octets)
icono.gif (2534
                                octets) proses.gif (2040
                                octets) lettres.gif (2171
                                octets) theatre.gif (2064
                                octets) radio.gif (1706
                                octets) voix.gif (1867
                                octets)
radio_signat.GIF (6079
                  octets)
biblio.gif (1004
                                octets)
temoins.gif (1901
                                octets)
contact.gif (1838
                                octets)

Armand Robin
1912 - 1961 : éphéméride

banniere.gif (73487 octets)

- 1936 -

janvier
février Alors que Jean Guéhenno démissionne d'Europe car la nouvelle ligne de la revue proche du parti communiste ne lui convient pas, AR - qui n'y collabore déjà que de loin - ne va pas non plus s'y inscruster bien évidemment, ses souvenirs d'URSS en 1933 l'éloignent définitivement du PCF ; il continue néanmoins à fournir des notes de lecture, tout en s'apprêtant à rejoindre la revue Esprit. Guéhenno, lui, rejoint l'hebdomadaire Vendredi aux côtés d'André Chamson et Andrée Violis.
mars 15 : parution dans Europe de janvier à avril des notes de lecture : Robert Neumann, Sir Basil Zaharoff, éd Grasset et André Maurois, Magiciens et logiciens, éd Grasset

24 : Lettre à Jean Guéhenno : ce dernier a transmis Les Servitudes terrestres, 1er titre de Hommes dans destin à Rieder, l'éditeur d'Europe. AR a demandé à Rieder de ne pas le publier. Dans le même temps, il a sans doute été refusé par Jean Paulhan pour des manuscrits.

avril Il neige sur la France. Le phénomène météo un peu rare au mois d'avril inspire à Armand Robin, le poème suivant qui restera inédit. Il sera envoyé à Jean Paulhan fin octobre ou novembre, peut-être le 23 novembre à la fin d'un autre poème, Sans Passé :

Neige du mois d'avril

Neige, dépouille tes quenouilles
Pendues aux jupes des vieux cieux.
Il est temps que je sois heureux.

Je connais d'immortels malheurs
Et des êtres qui s'agenouillent,
Cependant qu'il neige autour d'eux,
Tremblants comme bourgeons frileux.

11 : lettre à Jean Guéhenno : AR travaille à son agrégation et a écrit des poèmes, et lui en envoie 2, peut-être des traductions d'Essénine.

mai 21 : carte postale à ses parrain et marraine : AR veut les rassurer : il sait où il va.
juin 4 : 1ère lettre retrouvée à Jean Paulhan: AR prend acte du refus de JP pour ses manuscrits et lui demande d'examiner des poèmes, peut-être Sans passé (2e version) que JP retiendra et Neige du mois d'avril, qui est resté inédit.


15 : parution dans Europe de la dernière note de lecture d'AR : Emilio Lussu, La marche sur Rome, éd Gallimard 

juillet Ecrit d'agrégation sur Mme de Sévigné, puis oral : AR envoie son devoir réécrit à Jean Guéhenno; mais la lettre n'a pas été retrouvée. Il en enverra une autre version légèrement différente à Jean Paulhan, mais à une date imprécise. C'est dire l'importance qu'il lui accorde: c'est dira-t-il le début de sa lutte contre l'hypocrisie de l'esprit.
Voici comment il racontera plus tard son dernier examen universitaire : 1) je me suis présenté à l'Agrégation des Lettres; pendant une année, on m'avait demandé, non pas de m'exercer à mieux écouter le bruit des ruisseaux, mais de chercher une solution à des problèmes qui n'existaient pas; rien d'étonnant à ce que , ayant eu le jour de l'examen à disserter sur Mme de Sévigné, j'écrivisse tout de go que Mme de Sévigné n'avait jamais existé. (Je sais mieux que personne que Mme de Sévigné a existé, c'est pourquoi je refuserai de le révéler à ceux qui n'existent pas, qui ont accepté prématurément leur mort.)

2) A l'oral, ce fut même destin : on me demande de commenter un texte de Montaigne contre les pédants (chapitre de l'Institution des enfants) : fidèle pour une fois à l'enseignement universitaire (il faut avant tout démontrer que les textes - et surtout les textes français! - ont une valeur permanente) je déclarai, montrant mes six jurés : " Les pédants n'ont pas changé !"

Ainsi que vous le voyez je suis "l'esprit libre", "l'âme sans aucune attache"; vous, vous n'êtes qu'un ministre, c'est pourquoi je vous demande d'aider à me tuer. Me tuer pour que je puisse mieux renaître et vous ressusciter. Document retrouvé dans ses papiers après sa mort et publié pour la 1ère fois par Claude Roland-Manuel dans les Cahiers des Saisons, Automme hiver 1964.

août 4 : lettre à Jean Guéhenno, mais expédiée avec la suivante. AR y annonce son échec à l'agrégation. Il y énonce aussi ses principes de vie, entre autres : "la vie te condamnera à la solitude"

9 : autre lettre à JG: confirmation de l'échec pour un 1/10 à l'oral et annonce de son projet de vivre pour l'écriture et l'art.


10 : longue lettre à ses parrain et marraine de Paimpol : 33e/35 à l'agrégation, viendrait volontiers chez eux pour se reposer : "écrire c'est mon repos, mon bonheur"


22 : lettre à Jean Guéhenno : ne veut plus préparer l'agrégation; se trouve en état de création permanente.

septembre
octobre a écrit Lettre fatale, Ronde, Crépuscule, Imagerie de la mer, envoyés à Jean Paulhan.
novembre 1er : lettre à Jean Guéhenno : réclame son devoir d'agrégation, peut-être pour en faire une copie pour Jean Paulhan.

4 : lettre à Jean Paulhan: lui envoie Offrandes pour publication sans doute dans Mesures. AR en recevra un avis favorable le 10 sous réserve de 2 modifications.

13 : 1ère lettre d'AR  à Jean Ballard, directeur des Cahiers du Sud. Leur correspondance durera jusqu'au 13 juillet 1940. Il lui propose Sans Passé : je n'ai pas grand espoir que vous l'acceptiez et pourtant je serais heureux et honoré de le voir publié dans votre revue. Pour se faire accepter, AR détaille ses publications actuelles : Offrandes (qu'il joint en version dactylographiée, ce qui sera la règle désormais), Hommes sans Destins, le 1er livre d'une oeuvre intitulée Les servitudes terrestres, conçu d'emblée comme le début du futur Temps qu'il fait, et non comme une oeuvre à part entière. Il ajoute son intention d'écrire un livre de critiques, et joint aussi la note de lecture sur Maurois, parue dans Europe en mars.
Il se fend enfin d'une petite "biographie" : 
"1°) Naissance. Au centre de la Bretagne. Parents ne sachant ni lire ni écrire. Famille de paysans.
2°) J’apprends à écrire à 10 ans grâce aux dévoués services d’une fille de ferme, Melle Eugénie Le Moigne, dont je vous prierais d’honorer le nom désormais.
3°) Etudes par miracle. A 11 ans je commençais à parler le français. A 14 ans je mangeais mon premier morceau de viande.
4°) A 20 ans, je m’enfuis de chez moi ; j’apprends l’allemand, le russe ; je fais deux voyages en Allemagne, un en Russie, etc…
5°) A 23 ans, je commence à écrire. Maintenant, je viens d’avoir 24 ans ; j’oubliais de vous dire que je suis titulaire de la note de 1 sur 10 en français à l’oral de l’Agrégation des Lettres."

Les Cahiers du Sud ont été fondés à Marseille en 1914 par Marcel Pagnol sous le nom de Fortunio; repris en mains par Jean Ballard à partir de 1925, ils prennent leur patronyme définitif et dureront jusqu'en 1966. Dans les années 30, la revue, mensuelle, possède une aura exceptionnelle et une audience qui dépasse la sphère de la jeune poésie, même si son directeur est toujours soucieux de publier de jeunes poètes.

15 : Europe publie Hommes sans destins dans son numéro 167 (septembre à décembre). Ce texte - remanié - deviendra la 1ère partie du Temps qu'il fait, sous le titre Lueurs de paille.
Dans sa version d'Europe, il est dédié à Eugénie Le Moigne, voisine de la ferme des Robin à Gwazhkae : A Eugénie M..., la fille de ferme qui m'apprit à écrire sur des baguettes de noisetier, hommage de reconnaissance.  Voir ci-dessus au 13.
En juillet 1937, AR expliquera à Jean Ballard l'importance de toute sa production artistique actuelle et aussi l'unicité de leur génèse :  Sans passé   par exemple, c’est pour moi 20 mois de ma vie. Je vivais en tête à tête nuit et jour avec cette œuvre, avec  Offrandes , avec  Hommes sans destins , avec d’autres encore. La matrice commune de toutes les oeuvres de Ma Vie sans Moi jusqu'au Temps qu'il fait est donc clairement revendiquée. A noter que les poètes traduits, comme Essénine, n'en font pas encore partie.

21 et 23 : Jean Ballard  manifeste immédiatement son intention de publier Sans Passé dans son numéro de décembre, mais avec la suppression de 4 vers. Le samedi 21 AR envoie donc un  télégramme d'acceptation : Merci - Suppression - 4 derniers vers consentie ; puis une lettre plus détaillée le 23 : les 4 vers sacrifiés avaient été écrits avant les autres...
23 : lettre à JP: lui envoie Offrandes remanié et lui annonce qu'un de ses poèmes (Sans Passé) est accepté aux Cahiers du Sud. Vraisemblablement une copie du poème est jointe, avec Neige du mois d'avril en bas de dernière page.

décembre Les Cahiers du sud publient Sans passé. AR y ajoutera 4 strophes dans la version définitive de Ma Vie sans Moi.

10 : Lettre à Jean Ballard : remerciements pour la "typographie" de Sans passé, et envoi de 3 nouvelles pièces que Jean Ballard pourra publier séparément ou collectivement. Donne aussi des nouvelles de son frère Hippolyte et de son grand et glorieux taureau...

12 : nouvelle lettre à Jean Ballard avec un nouvel envoi de texte : des apophtegmes, qu'il ne semble pas que Jean Ballard ait appréciés plus que les poèmes précédents. Voir à mars 1937.

14 : lettre à Jean Guéhenno : a renoncé définitivement à l'agrégation au profit de l'écriture et voudrait à nouveau récupérer son devoir d'agrégation sur Madame de Sévigné. Inutilement sans doute puisque ce devoir a été retrouvé dans les papiers de Jean Guéhenno après sa mort.

index éphéméride ephemeride_index.gif (354
          octets)

lignanim.gif (3106
        octets)