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Armand Robin
1912 - 1961 : éphéméride

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- 1954  -

janvier Quoique grippé, AR consacre son début du mois au rituel des envois aux amis, personnalités et critiques influents. Pour la 1ère fois un de ses livres, Poésie non Traduite  ne passe pas inaperçu.
Parmi les envois : Pour Merleau-Ponty, en hommage. A. Robin. Mais l'exemplaire est resté entièrement non coupé !
à M. B. en souvenir d'A.R. Il s'agit de Maurice Bisiaux, directeur de la revue 84.
A Anne Caprile : Avec mon affection - sans rien de - La fausse Parole - Armand
2e envoi à Anne Caprile : Pour Anne, // qui, elle possède //  écoute et même // "outre-écoute" pour toute // voix d'un // coeur et de l'âme // Avec mon affection // sans rien de // LA FAUSSE PAROLE // Armand
Le livre est dédicacé au couple de Crépy, Jacques et Dolly, dont une dépendance du   château des Taboureaux, à la Ferté-Loupière dans l'Yonne, sert régulièrement de refuge à AR.
Envoi au frère : Pour Anne et François, en attendant des poèmes japonais, urdu, etc... à inventer au Bouscot, avec ma fidèle affection.  Armand. François de Crépy était marié à Anne Nourry : leur résidence secondaire était au Bouscot à Payrignac dans le Lot.
Parmi les critiques : Jacques Brenner, Marcel Bisiaux, Philippe Jaccotttet, Frank Jotterand, Jean Tordent pour radio INR à Bruxelles, et même un anonyme pour Radio-Dakar.

La Fausse Parole , dédiée à Jean Pointis, auteur d'un Cours de pilotage aux instruments, Gauthier-Villars,1938, et moniteur d'aviation de l'auteur, ne bénéficie pas du même traitement, et on peut le comprendre dans la mesure où il y a fort peu de spécialistes de propagande dans les médias, et où AR lui-même demande de taire la parution du livre. Gabriel Venaissin rompra la consigne dans Combat du 29 avril, juste retour des choses puisque c'est à la demande de ce journal qu'AR avait composé une série d'articles sur le même sujet. Voir 1947 et 1948.

Envois : Pour Jacques Brenner, dont j'attends toujours la parole (imprimée), malgré cela, ceci sans rien de la Fausse Parole et avec grande amitié, Armand
Pour Francis Ponge, cette façon de voir dans le monde des folies permises seulement un caillou, en hommage sincère A. Robin
A une Arlette restée anonyme : Pour Arlette, sans lui demander d'outre-écoute.

1 : Parution du 1er volume des Oeuvres complètes de Shakespeare, édition bilingue Formes et Reflets en 12 tomes pour le Club Français du Livre sous la direction de Pierre Leyris et Henri Evans. Armand Robin a été sollicité pour 3 traductions : Les gaillardes épouses de windsor, Othello et Le roi Lear. Elles paraîtront entre 1957 et 1959 ou 1960 et seront déclinées par la suite en plusieurs éditions différentes.

8 : lettre à Alain Bourdon et sa femme : les deux bouquins sont sortis : je vous les apporte.

16 : La Gazette littéraire de Lausanne répertorie Poésie Non traduite dans ses livres reçus.

28 : AR reçoit un extrait de casier judiciaire vierge en vue de son dossier d'adhésion à la Société des gens de Lettres.

24 : 14h-14h30 : émission La principauté des lettres : Marcel Bisiaux et Jacques Brenner présentent Poésie Non Traduite.

27 : lettre de rupture douloureuse à Anne Caprile, et à Geneviève Bray : AR vient de constater qu'elles sont communistes, et fréquentent des communistes. A leurs yeux, elles ne font que comme beaucoup d'artistes et intellectuels de l'époque, c'est-à-dire sans militantisme. Mais il n'en va pas de même chez Robin : je me dois à ma classe sociale d'origine; je l'avais un peu oublié; le fait d'entrevoir à nouveau des assassins de pauvres et de révolutionnaires, des réactionnaires communistes pour tout dire, m'a rappelé cette tâche sacrée. 

Anne Caprile demande le secours de Claude Roland-Manuel, qui lui explique qu'AR lui reviendra tel un bébé humilié et confus.

 29 : Signe son adhésion à la SGDL et effectue sa déclaration des oeuvres : liste identique à qui se trouve en tête de Poésie non traduite.

février  1 : AR est officiellement admis à la SGDL sous le nuùéro 8275. Il y sera déclaré décédé le 20 avril 1961.
  vers le 1er : Lettre à Anne Caprile : je reçois de Claude Roland-Manuel une lettre admirable. Il me gronde intelligemment. Prépare une émission Dylan Thomas, avec Robert Mallet et Anne, naturellement.

 8 : émission radio Belles Lettres : un poème de Pasternak lu par Geneviève Bray.

      Lettre à Anne Caprile : vient d'acheter un 3e poste de TV, et se propose d'acheter une radio pour Anne. L'amitié simple est de plus en plus proche d'une amitié amoureuse.

mars *** : Dans son Bulletin d'Ecoute des Radios, AR met en valeur la début de l'ascension de Kroutchev, (qu'il écrit Krouchtchov).

 1 : Nnrf : note de lecture sur Jacques Audiberti : Rempart

 19 ou 26 : date vraisemblable d'un billet à Geneviève Bray, dans lequel AR refuse de la laisser venir avec lui à un "gala" car il y aura là des hors-la-loi (comprendre des artistes qui font la loi !) et qu'il ne souhaite pas qu'elle soit vue en sa compagnie. Il se dit en effet très surveillé. Le gala pourrait bien être la réception Ungaretti à la Hune.

 30 : enregistrement d'un fragment de reportage (1 mn) pour la réception Ungaretti à La Hune, librairie- galerie à St Germain-des-Prés.

avril avril-juillet : D'après un témoignage impossible à vérifier, AR aurait fait partie de la délégation chinoise de Chou en Lai à la conférence de Genève sur l'Indochine.

  1 : NNRF N° 16 : article de Philippe Jaccottet sur Poésie non Traduite : La plus haute ambition du traducteur ne serait-elle pas la disparition totale ? N'y a-t-il pas dans le poème, plus importante que l'efficacité de chaque terme, la ligne d'un chant ? C'est à elle du moins que je suis toujours sensible, et c'est sans doute pourquoi je suis sensible également aux trouvailles qui la rompent. Et je comprends maintenant pourquoi me paraissent si beaux les poèmes de Tou-Fou : non parce qu'ils seraient les plus fidèles (je n'en sais rien), mais parce que je n'y pense plus à Robin, ni à toutes ces chicanes.

 1 : La Parisienne : Se garer des révoltés : en rubrique "Littérature et politique", article anti-communiste, et anti-engagement de l'écrivain, et qui contient aussi une sorte de profession de foi du poète : Les véritables poètes vivent et créent en avance sur leur temps.
Les poètes de ce siècle, on les reconnaîtra au fait qu'ils auront tout fait en toute circonstance pour être le plus mal possible avec tous les régimes successifs, avec toutes les polices, avec tous les partis, cela même au péril de leur vie et, bien entendu, au prix de gigantesques campagnes de haine et de calomnies déferlant de tous les côtés (ils y aideront au besoin avec le sourire). Aucune tactique, aucune stratégie, aucune ruse, aucune crainte de la pauvreté, aucun souci de la renommée. Sur tous les plans, une indépendance totale vis-à-vis de tout.
Article parfaitement dans la ligne de la revue, qui se voulait farouchement indépendante, apolitique, oecuménique et aux antipodes de l'engagement sartrien. Le titre est bien Se garer des révoltés (et non révoltEs)... Voir l'ensemble du texte ici : Se garer des révoltés

 12 : 21h45 : Belles Lettres : hommage à Ungaretti, 50 mn, AR   avec divers intervenants, dont Jean Paulhan, Ungaretti, Jean Guéhenno...

 13 : Radio INR, Bruxelles : Jean Tordent parle 3 mn de Poésie Non Traduite : Ce qui est absolument rare et, par conséquent absolument précieux dans Poésie non Traduite, c'est que Armand Robin ne nous propose pas des traductions de ces poèmes (encore qu'il les ait lus tous dans la langue où ils furent composés), mais bien des poèmes qu'il a réécrits d'après ces originaux. En d'autres termes, il les a laissés reposer en lui assez longtemps pour pouvoir les réinventer en les chargeant de toute l'admiration qu'il leur a vouée.

 24 : Lettre déclaration d'amour à Anne Caprile

29 : Combat : article de Gabriel Venaissin sur La Fausse Parole : Il y a une image d'Armand Robin qui court ici et là : celle d'un homme tout en oreilles, dont l'existence est une écoute qui ne cesse pas, béant devant un poste de radio d'une complexité inouïe, géant et recueillant les bruits du monde, et qui pousse son vertige jusqu'à n'entendre les émissions soviétiques qu'en pakistanais ou les émissions égyptiennes qu'en chinois. Cette image serait à dessiner par Louis Mitelberg plus que par Maurice Henry. Je ne sais si elle est exacte, mais La fausse parole ne la dément pas. Armand Robin danse dans une crête d'écume qui surplombe plusieurs vagues dont les eaux ne se mélangent guère. Essai ou poème ? Réflexion ou délire ? [...] Il faut comprendre qu'un homme dont la vie est oreille et chaque minute de la vie posée comme un suçoir devant la radio, risque l'anéantissement. [...] Il est ce cadavre expérimental, cette victime volontaire du «goût du gouffre» de Baudelaire, de l'appel du néant de Mallarmé. Moustique qui se noie - mais le veut et le cherche - dans une prodigieuse lampe sonore, Armand Robin se situe à chaque instant entre science-fiction et poème.

 30 : Carte postale à Anne Caprile : AR se trouve à Lausanne.

mai  début du mois : deux lettres à Anne Caprile, la 2e du 4 mai : vu du côté Robin, le roman d'amour se déroule...
 5 :
Lettre de rupture violente à Anne Caprile : Vous venez ce midi de vous révéler profasciste, sinon fasciste. Nous cesserons toute relation sur tous les plans. Inutile de m'écrire ou de me téléphoner. Il vous reste les fils de bourgeois ; fêtez avec eux le massacre systématique des prolétaires par les assassins réactionnaires communistes. Salutations révolutionnaires.
 12 :
réponse d'Anne Caprile : Vous savez, Armand, que je mettais notre amitié au-dessus de tout, je pardonnais vos erreurs comme je savais que vous pardonniez les miennes et c'est cela l'amitié.
Et puis un jour il s'est passé quelque chose de bizarre dans votre vie et vous m'avez écrit une carte et une lettre incendiaires où délibérément vous me confondiez avec des gens que vous n'aimez pas, que vous haïssez même.
Je vous ai simplement répondu que j'avais de la peine, que je ne comprenais pas, que vous aviez le droit (même sans raison) de me retirer votre amitié, que je ne demandais pas d'explication.
je me faisais l'effet d'un gamin qui fait un sourire et qui reçoit une gifle. J'avais de la peine sur le plan de l'amitié, il n'y avait que de l'amitié entre nous et pour moi c'était très important.
Vous êtes revenu de cette "crise" comme je l'appelle et vous recommencez à me parler de votre affection sans nuage, comme si rien, jamais ne s'était passé.
Armand, très sincèrement, je croyais pouvoir oublier cette brouille, j'ai même essayé honnêtement de me passer d'explication et je m'aperçois (maintenant que vous me proposez de sortir) que j'ai un peu peur de vous rencontrer ; peut-être parce que je n'ai pas encore compris ce qui s'était passé il y a quelques mois le soir de ce "drink" à L'Écluse !
C'est enfantin, j'ai peur, j'ai l'impression que je vais vous revoir gentil, affectueux, amical comme vous savez l'être et que brusquement vous allez vous transformer, éclater, projeter sur moi cette haine que vous avez pour certains.
Voilà, j'ai peur de vous, Armand. C'est parce qu'il y a en moi encore de l'amitié pour vous que je dois vous dire cela, pas du tout pour vous blesser, vous savez bien, simplement pour que vous le sachiez.
C'est une confidence, en somme. En un mot, vous m'avez effarouchée !

 13
: Réponse de Robin  : Par mon avis de mercredi (posté l'après-midi et que donc vous avez forcément reçu), je vous laissais aux assassins de prolétaires et vous demandais de ne pas m'écrire, de ne plus me téléphoner.
Vous m'avez écrit malgré tout. La prochaine fois je vous renverrai votre lettre sans la décacheter. Armand Robin. Signature manuscrite et soulignée après une missive dactylographiée, ce qui arrive  trèa rarement chez Robin.
PS - C'est indéracinable l'affection que j'ai pour vous. Mais dès qu'il s'agit de la lutte sacrée contre le fascisme, même cela ne compte plus, Anne.
 13
: 17h15-17h40 : Rediffusion Poésie sans Passeport sur Ungaretti
juin  6 : AR  au Faouet : date de la photo où on le voit sur des rochers au milieu d'une rivière, vraisemblablement, le Scorff. Elle a été réalisée par Xavier Cozic, condisciple de classe de 1ère de ND de Campostal, chez qui AR aimait à retrouver d'anciens camarades.
juillet  1 : Nnrf : Charles Le Quintrec : Les temps obscurs, note de lecture, et Sydney Keyes, Poète de guerre et Toussaint 41 au "Petit Drawda" dans la rubrique Le temps, comme il passe. Ces 2 traductions seront insérées dans Poésie non Traduite II, précédées de la même petite note que dans la revue, ce qui accrédite l'idée que la matière du 2e volume de non-traductions est déjà prête, voire que c'est l'éditeur qui a décidé de diviser en deux l'ensemble des textes d'AR.
Voici le récit par Charles Le Quintrec de leur 1ère rencontre : Nous avons quelques points communs : enfance paysanne, une terre, une langue que nous aimons mais que nous avons été contraints de quitter, l'aventure de quelques études rares en ce temps-là dans le monde rural. Il était de Plouguernével, c'était assez pour que l'amitié grandît et naquît entre nous, cette amitié devait commencer dans les mois qui suivirent la publication qui suivit mon 1er recueil de poèmes "les temps obscurs" que je n'adressai pas à A. Robin car je ne le connaissais pas encore mais qu'il réclama à René Debresse, mon premier éditeur, qu’il lut et qu’il aima [et] auquel il consacra un article dans la nouvelle revue française. J'écrivis pour le remercier mais il voulut me connaître. Il me donna rendez-vous dans un petit bistrot de la rue du Bac. Je revois cette première rencontre.
Dès notre première rencontre ce qui retint surtout mon attention, ce fut surtout la visage d’A. Robin ; il reflétait tour à tour avec une mobilité extraordinaire la confiance et la méfiance, l'accueil le plus cordial, l’intérêt, mais aussi une sorte de suspicion. J’oserais dire qu’il y passait à la fois la lumière et les ténèbres. Je compris tout de suite que son amitié devait être difficile. En vérité Armand Robin se posait les questions les plus contradictoires sur les êtres, même sur ceux qui devaient par la suite devenir ses amis ; ceux-ci voyaient se tendre ou se refuser une main qui avant de manier la plume avait manié la charrue. C’est que le poète qu'il était mesurait avec une lucidité sans égale le chemin qui le séparait du public, ce public qui ne sait rien de la poésie et des poètes et qui veut tout de même en juger. Poète, A. Robin l'était authentiquement en ce sens que tous les mots lui appartenaient, ces mots comme un matériau le plus ordinaire à qui il voulait redonner la pureté originale...
Témoignage oral extrait du Dossier Hélias, recueil d'interviews en vue d'un film sur AR qui ne verra jamais le jour, 1968.
Voir aussi en page témoignages, celui de Ch Le Quintrec

La Parisienne : Alexeï Remizov : Savva Groudzine, traduction : 1ère partie.

 11 : Lettre à Anne Caprile : J'ai rompu avec énergie, Anne, pour une raison extérieure à l'amitié. Je ne suis pas du tout fâché. Si un jour vous avez de la peine, vous pouvez penser à moi comme à un ami, Anne. 

 20 : lettre à Anne Caprile, sans doute en raison de la non-réponse de la destinataire à la précédente : cette fois la rupture est bien actée, acceptée, définitive, apaisée : J’ai vu dans plusieurs journaux votre photo et les textes l'accompagnant. Je suis très content, Anne.
A propos de ma rupture, il vaut mieux pour vous, Anne, que je m’explique plus clairement : à 3 ou 4 reprises (depuis octobre nov. l'an dernier) j’ai pensé qu’un parti politique essayait obscurément de m’atteindre à travers vous, à votre insu. Anne, quand je sens pareille  tentative, je casse tout très vite avec qui que ce soit.
Voilà le fond de l’affaire : ii n’y a pas autre chose.
Vous voyez par conséquent que ni l'amitié ni l’affection ne sont touchées par ma récente décision. Dormez sur vos deux oreilles, à mon sujet. Je reste le même ami. En des circonstances ambiantes plus favorables, il se peut que j’aie de nouveau l'occasion de vous
donner des preuves de cette amitié.
Je voudrais, avant de vous laisser, embrasser Joanne.
Bon courage, Anne. Je forme des voeux pour que tout aille de mieux en mieux pour vous. Ne vous inquiétez surtout pas, je reste un ami et agirai et parlerai toujours pour vous.

 23-24 : possibilité de 2 émissions de radio sur Maïakovski, d'après Françoise Morvan

août  1 : Nnrf : numéro spécial sur Jules Supervielle : A Robin y signe l'article liminaire de  l'hommage : Avec tumultes mi-muets.
L'article commence un peu étrangement par Je vis en chine. Belle occasion pour signaler qu'AR a effectivement vécu là-bas. Plusieurs témoins dont Job Berthelot, le boulanger de Rostrenen, signalent des cartes postales originaires de là-bas. Mais impossible de dater exactement le voyage, qui se serait fait à moto à travers l'Asie Centrale.

 15 : lettre à Geneviève Bray : dactylographiée, mais signée "Armand" à la main : sorte d'explication d'une rupture raisonnée intervenue peu de temps auparavant avec elle et Anne Caprile. AR leur reproche d'être trop proches des communistes. Elle sera suivie d'une autre "ce mardi midi", où AR se reprend, se justifie et exprime des regrets et garde sa confiance aux deux comédiennes. D'ailleurs les relations reprendront normalement.

 23 : 21h45-22h45 : Belles Lettres émission sur la poésie chinoise, Tou Fou. Lecture de La Complainte des Petits Poulets, qui figurera dans Poésie Non Traduite II.

septembre La Parisienne : Alexei Rémizov : Savva Groudzine : 2e partie.

 1: Nnrf : Dylan Thomas : Chasseur de mots à l'âge de la pierre... : courte présentation de l'écrivain anglais, suivie de 3 traductions : Parmi les morts du raid de l'aube,un centenaire, Amour à la maison des fous, et Il chante son anniversaire. Le tout figurera dans Poésie Non traduite II; AR y ajoutera seulement "la bisbille". Voir à Février 1955.

 13 : 20h-21h : Belles Lettres : Sydney Keyes, avec André Reybaz, qui lit Poète de guerre, à paraître dans Poésie non Traduite II, et 2 autres poèmes.

octobre  Brassens : La Mauvaise Réputation, éd Denoël : le livre contient des poèmes et aussi une sorte de "long poème théâtral" : Les amoureux qui écrivent dur l'eau. Ce livre a été écrit entre 1948 et 1949. L'un des personnages n'est autre que Robin-pêche-en-eau-de-boudin. Le voici présenté dans un dialogue entre la nymphe de la Mer Baltique et la Vénus Hottentote :
LA NYMPHE DE LA MER BALTIQUE
Il se trouve un galopin
Qui se nomme Armand Robin
Qui pêche pour rien, qui pêche
Pour rire et n'est pas de mèche
Avec les vieux polissons
Qui s'en prennent aux poissons.

VÉNUS HOTTENTOTE
Plongeant dans l'onde sa ligne
Avec une joie maligne
II pêche, mais chut, motus
Tout un tas de détritus.

La Parisienne
: Savva Groudzine : 3e partie

 16 : Gazette de Lausanne : note critique sur Poésie Non Traduite sous le titre Un peu de poésie Signalons une tentative intéressante et somme toute, convaincante de M. Armand Robin : Poésie non traduite.  Jugeant qu'il est « à jamais inconcevable que la poésie puisse être traduite », M. Robin, au gré de ses éclectiques préférences, a engagé une sorte de corps à corps fraternel avec des poètes de diverses écoles et de pays variés. « Eux-moi sont un » proclame-t-il. Rythme à rythme, sens à sens, il parvient à restituer en français, dans leur nudité et dans leur substance, des poètes de la Vieille Chine, de l'Arabie, de la Bretagne, de l'Allemagne, de la Scandinavie, de la Flandre... Ce n'est ni indifférent ni vain. Souvent l'auteur « transfère » si juste qu'il crève le mur des langues et nous cause le choc inespéré mais désirable que nous n'osions attendre. Article non signé .

novembre  La Parisienne : Savva Groudzine : 4e et dernière partie

 8 : 21h40 - 22h20 : Belles Lettres : De Rostrenen en Avila : notes de Voyage.

 18 : Le Libertaire : le sort attristant de François Mitterrand : A la suite de la Toussaint Rouge en Algérie, le ministre de l'intérieur, François Mitterrand, qui en revient, ne trouve rien de mieux à faire que jouer les Matamores et ... de perquisitionner le local du Libertaire : AR apporte - "spontanément" dit le chapeau - son soutien au journal de son coeur : Il fallait le voir, oiseau déplumé, passant à la télévision à son retour d'Orléansville, empêtré, lui officiellement sémillant, en la plus embarrassée des déclarations. [...] Hélas ! Même regarder la mâchoire du crocodile est funeste, dit le proverbe arabe. François Mitterrand a mis la tête entière entre des dents avides de lui. C'est le 1er et sans doute de loin le meilleur des articles qu'AR va désormais consacrer à celui qui deviendra un de ses sujets favoris, et pas toujours du meilleur goût, loin s'en faut.

décembre *** : AR adhère dès sa création au Comité de lutte contre la répression colonialiste de Georges Fontenis, secrétaire national de la Fédération Anarchiste en 1946. Ce comité servira de base politique et logistique à la lutte pour l'indépendance algérienne.

 8 : lettre à Geneviève Bray : AR lui exprime son affection et lui promet aide et soutien indéfectible.

 23 : Le Libertaire : Les intellectuels et le changement de gouvernement : AR dénonce la danse du ventre obscène des intellectuels arrivistes devant une perspective de places vacantes...

 27 : Belles Lettres : 21h40 - 22h20 : Galczynski : Testament dans la nuit, dit par André Reybaz. Présentation Armand Robin. A paraître dans Poésie Non Traduite II.  Mais l'émission a peut-être étté diffusée le 3/01/1955.

*** Léon Rollin quitte ses fonctions de responsable du service des émissions vers l'étranger à la RTF, qu'il occupait depuis 1948 : il a fait abonner son service au Bulletin des Ecoutes de Radios sans qu'on sache à quelle date cela s'est produit.

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*** Les événements ainsi marqués, quoique authentiques, ne peuvent être datés de manière très précise. Ils figurent en tête de l'année ou du mois.

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