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Armand Robin
1912 - 1961 : éphéméride

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- 1941  -

janvier nrf : Domaine terrestre, texte essentiel, mais unique en son genre donné à la revue de Drieu La Rochelle : AR y explique son point de vue sur son activité littéraire et le rôle de l'écrivain en temps de guerre. Il fustige son rôle politique et prône une sorte d'art pour l'art, bien dans la lignée officielle de la nrf, mais totalement déconnecté de l'air du temps : travailler hors du temps [...]
Ce qu'il y fait ? Grands dieux ! mais tout simplement il écrit. Ce qu'il est ? Mais tout simplement un écrivain qui, s'il possède un talent, est par-là même justifié; son rôle, son but, sa mission est de créer de la pensée et de l'art, quoi qu'il arrive, et surtout « s'il arrive quelque chose » ; bien écrire, penser juste, fort et simple, composer de beaux poèmes, dispense de se chercher tumultueusement d'autres buts. La pierre de touche du véritable écrivain est que dans tous les cas il puisse se sentir libre, ce qu'il s'assurera très aisément s'il évite de faire dépendre son rôle humain d'un rôle politique.
La nature propre de la pensée et de l'art est de continuer - d'où pour l'écrivain des obligations assez simples : celle de ne pas faire dépendre son activité des événements, celle de défendre la civilisation de son pays, même si tout le reste est perdu
Texte complet ici.
On peut comparer cela à ce qu'écrit Jean Guéhenno : Que penser d'écrivains français qui, pour être sûrs de ne pas déplaire à l'autorité occupante, décident d'écrire de tout sauf de la seule chose à quoi tous les Français pensent, bien mieux, qui, par leur lâcheté, favorisent le plan de cette autorité selon lequel tout doit paraître en France continuer comme auparavant ? Journal des années noires, 30/10/1940.

Revue Fontaine N°12 de décembre-janvier : Michel Levanti : A propos de Ma Vie Sans Moi par Armand Robin, note de lecture.

2 :  Lettre à Jean Paulhan grippé. Ce dernier lui a proposé de faire un volume pour la collection de la Pléiade, dont il est devenu le directeur depuis octobre 1940. AR souhaiterait Rousseau, Vigny, Nerval ou Renan; mais n'a pas fait son choix.

février  
mars Esprit  N°98 : article élogieux de Georges-Emmanuel Clancier sur Ma Vie Sans Moi : Les poèmes d'Armand Robin, et des traductions, par cet auteur, d'Essénine, de Juljan Tuwim, d'Edgar Poe, composent un beau livre, où la vie d'un homme s'affirme, fraternelle en sa solitude, plus forte que les tâtonnements des peuples.
9: Journal de Genève : dans un article intitulé Retour à la poésie, Edmond Jaloux, cite Armand Robin parmi les "jeunes écrivains qui se sont remis à publier". Il cite également : Joë Bousquet, Paul Eluard, Pierre Emmanuel, Claude Roy, Jean Rousselot etc.
avril 1 :  AR serait déjà au ministère de l'Information où il est chargé d'écoutes radiophoniques en langues étarngères. Marcel Bisiaux (Arts) donne 1940 comme date. Mais l'arrêté de nomination est de mai 1941.
Depuis mars, c'est Paul Marion qui a pris la direction du Secrétariat Général à l'Information, et qui va le réorganiser. On peut penser que c'est dans ce contexte qu'arrive Armand Robin. Comment-est-il arrivé là ? Mystère total. On peut toutefois constater qu'en cette année, AR est à la recherche d'un emploi rémunéré et stable, en liaison sans doute avec son mariage : voir décembre 1940. Il a tenté d'obtenir un travail à la nrf, auprès de Drieu, mais ne  l'a pas obtenu. Il se peut que ce soit Armand Petitjean, l'un des bras droits de Drieu, qui ait servi d'intermédiaire. Il se trouve justement que Petitjean occupait le poste de co-directeur du bureau de la propagande au secrétariat à la jeunesse, dépendant du ministère de l'Information. Il en démissionne en décembre 1940, tout en restant au ministère dans d'autres fonctions. Mais il y était donc bien placé pour connaître les besoins de Marion en personnel. Armand Robin et Armand Petitjean se connaissent au moins depuis 1937. Simple hypothèse...

Service de presse : Eluard : Moralité du sommeil, avec une dédicace : "à Jacqueline et à Armand, leur ami"

mai nrf : Jean Prévost : l'amateur de poèmes, note de lecture.

En zone occupée, tractations en cours pour la création du CNE (Comité National des Ecrivains) par des  intellectuels, écrivains et scientifiques, dont Jean Paulhan, Jean Guéhenno, Jean Blanzat, Jacques Debû-Bridel....  Deux noyaux essentiells en formeront la base originelle : un groupe d'écrivains autour de la nrf d'une part et des écrivains communistes ou sympathisants de l'autre par transformation et élargissement du Front National des Ecrivains de Jacques Decour... En septembre 1943, le CNE zone sud, rassemblé notamment par Aragon, viendra s'y agréger.

21 : arrêté de nomination d'AR comme "collaborateur technique" au ministère de l'information. Le titre n'a aucune importance si ce n'est pour constater qu'AR n'a pas le grade de fonctionnaire : un directeur de cabinet de Marion a le même titre ! Le travail se ferait au ministère, 10 rue de Solférino,  Paris III, d'après certains témoins, ce que confirme une lettre à Drieu La Rochelle de [septembre] 1942, où il dit s'y trouver jusqu'à 11h.  Mais Y. F. Jaffré - lui aussi au ministère de l'information, et qui sera l'avocat de son divorce- affirme qu'AR n'y aurait pas de bureau : il y arrive tous les jours aux alentours de midi, à vélo, pour déposer son bulletin... et parfois récupérer son courrier. Travail épuisant, réalisé essentiellement la nuit, de 12 à 18h par jour, écrit Robin.
Dans quel service travaille AR ? On ne le sait pas... D'après Y F Jaffré, son supérieur hiérarchique direct était Jean-Charles Legrand, avocat, futur ténor du barreau.   On sait qu'il existe un service de documentation et de diffusion, dirigé par le commandant Herbette en 1940, dans lequel on trouve la 2e section, qui est chargée de produire des synthèses d'informations, notamment à partir des enregistrements des radios françaises et étrangères. On peut penser que ce service a perduré peu ou prou après la réorganisation de Paul Marion. On sait aussi qu'en 1942, il existe un service central de réception des émissions radio-électriques dirigé par Emile Renaudin, alors que René Bonnefoy est le secrétaire général.  Mais Armand Robin laisse entendre qu'il dépend de Laval et ne parle jamais de ses chefs directs....
Dans une lettre à Jean Paulhan, datée du 14 novembre 1944, AR écrira : Il est évidemment faux que j'ai fait un travail direct quelconque pour le 2e bureau, mais il est bien exact que sous l'occupation les services de renseignements militaires ainsi que le parti communiste recevaient mon bulletin d'informations.
A noter qu'officiellement le 2e bureau (service de renseignement de l'armée française) a été dissous pendant l'Occupation, remplacé par le CIG (Centre d'Information Gouvernemental), piloté par Darlan, et que pendant ce temps la France libre disposait aussi naturellement de son 2e bureau. On peut donc comprendre qu'AR n'a jamais travaillé à la demande du service de renseignements militaires de Vichy, mais qu'il savait que son bulletin lui était transmis. Pour compenser, il le transmettait aussi au journal  L'humanité. La 2e affirmation est une constante chez Robin et n'a jamais été démentie.

juin Reparution de Comoedia, hebdomadaire littéraire toléré par la censure allemande, où écriront désormais de nombreux écrivains français. Il est vrai qu'il se limite strictement au littéraire. On comprend donc qu'AR puisse y participer.
Poésie 41 : Article de Jean Jacques Marchand, quasiment le seul à mettre en valeur les traductions : le « Corbeau » de Poë [...] Robin en fait une nuit vivante, où chantent les objets, créant une terreur panique. La vie d’Essénine par un paysan de la région de Riazan et les poèmes d’Essénine sont admirables. Le sommet du livre est : la « Prière du guetteur » du poète Vannetais J.-P. Calloch (1888-1917) traduit du gaélique (sic). A noter que le critique se laisser tromper par le pastiche d'AR : vie d'Essénine n'est pas une traduction, mais bien une création originale.
juillet écrit en 2 mois l'essentiel du Temps qu'il fait. Mais le projet lui trotte dans la tête depuis  novembre 1939 au moins.
août  
septembre  
octobre 22 : lettre à JP : termine la traduction du Satyros de Goethe, qui lui a été confié pour l'édition de Goethe dans la Pléiade; doit remettre le manuscrit pour le 27; envisage de faire aussi le Mahomet qu'il terminerait pour le dimanche 2 novembre. Souhaite aussi travailler pour le Tableau de la litérature: Hugo, Chateaubriand, Vigny. Témoignage de difficultés de la vie pendant la guerre : "nous avons fini par manger la poule". A enregistré une interview pour radio Vichy, mais se défend de s'être laissé entraîner quelque invitation même légère à la collaboration: " ils ont voulu que je dise un mot, un seul; ils ne l'ont pas obtenu; ... mais je crains qu'ils ne l'aient fait ajouter par le speaker pour "chapeauter" l'ensemble".

23 : lettre à Drieu La Rochelle : lui envoie la manuscrit du Temps qu'il fait que Drieu a demandé aux fins d'en publier un extrait dans la nrf: accord d'AR, qui au passage traite son oeuvre d'enfantillage. Le livre doit paraître chez Gallimard pour le 15 décembre.

25 : 1er article d'une série de 4 au Figaro Littéraire : "Les agrégatifs souffrent-ils d'une crise spirituelle ?" Seule colaboration connue à ce journal.

novembre Cette année AR est inscrit à l'Ecole des Langues Orientales pour le Chinois

8, 11 et 18  : suite des  articles au Figaro Littéraire.

décembre nrf : chevaux, extrait du Temps qu' il Fait

5 : Jean Guéhenno : Journal des années noires : L... fait un étrange métier. Comme il comprend un grand nombre de langues, le ministère de l'information l'a chargé d'écouter les diverses radios; il passe ses nuits, à l'écoute du monde, et chaque matin rédige un rapport. Il n'est sans doute guère d'hommes mieux renseignés que lui. Il sait tout ce qu'on peut savoir, compte tenu des censures, des propagandes qui s'exercent partout. Les nouvelles qu'il apporte ces jours-ci sont après tout rassurantes. L... est évidemment Armand Robin. On peut en conclure que les deux hommes se parlent et se fréquentent à nouveau. On peut aussi constater à la lecture de la suite du texte qu'AR transmet bien déjà des informations sensibles et sûres à des résistants car il n'ignore sûrement pas la participation de son maître au CNE nouvellement créé.

20 : 1er article à Comoedia : A propos du cinquantenaire de la mort d'un poète (Arthur Rimbaud) : "Il a beau être connu, signalé, pisté, traqué, imité, reproduit, singé, décalqué, il reste l'introuvable : quoi qu'on fasse, il reste le mirage qu'il était d'abord".

25 : écrit Pendant que l'enfant dort, qui paraîtra début  1942 dans La jeune poésie et ses harmoniques, publié sous la direction d'Albert Marie Schmidt

Dernière révision : 12/02/2013 - Les informations concernant le CNE, l'épuration et la liste noire sont pour l'essentiel tirées du livre de Gisèle Sapiro, La guerre des écrivains - 1940- 1953, éd Fayard, 1999. Mais Armand Robin ne figurant pas dans le panel des écrivains retenus pour l'étude statistique, les renseignements le concernant y sont assez fragmentaires.

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