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Armand Robin
1912 - 1961 : éphéméride

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- 1941  -

janvier nrf : Domaine terrestre, AR y explique son point de vue sur son activité littéraire et le rôle de l'écrivain en temps de guerre : "travailler hors du temps [...]

Ce qu'il y fait ? Grands dieux ! mais tout simplement il écrit. Ce qu'il est ? Mais tout simplement un écrivain qui, s'il possède un talent, est par-là même justifié; son rôle, son but, sa mission est de créer de la pensée et de l'art, quoi qu'il arrive, et surtout « s'il arrive quelque chose » ; bien écrire, penser juste, fort et simple, composer de beaux poèmes, dispense de se chercher tumultueusement d'autres buts. La pierre de touche du véritable-C écrivain est que dans tous les cas il puisse se sentir libre, ce qu'il s'assurera très aisément s'il évite de faire dépendre son rôle humain d'un rôle politique.

La nature propre de la pensée et de l'art est de continuer - d'où pour l'écrivain des obligations assez simples : celle de ne pas faire dépendre son activité des événements, celle de défendre la civilisation de son pays, même si tout le reste est perdu"  Texte complet ici.

2 :  Lettre à JP grippé. Il lui a proposé de faire un volume pour la collection de la Pléiade, dont il est devenu le directeur depuis octobre 1940. AR souhaiterait Rousseau, Vigny, Nerval ou Renan; mais n'a pas fait son choix.

février  
mars  
avril 1 :  AR serait déjà au ministère de l'Information où il est chargé d'écoutes radiophoniques en langues étarngères. Marcel Bisiaux (Arts) donne 1940 comme date. Mais l'arrêté de nomination est de mai 1941.
mai nrf : Jean Prévost : l'amateur de poèmes, note de lecture.

Création du CNE (Comité National des Ecrivains) par Jean Paulhan, Jean Guéhenno, Charles Vildrac....  par transformation et élargissement du Front National des Ecrivains de Jacques Decour, Aragon, Vercors.... jugé trop proche du parti communiste.

21 : arrêté de nomination d'AR comme collaborateur technique au ministère de l'information. Le travail se ferait au ministère, 10 rue de Solférino,  Paris III, d'après certains témoins, ce que confirme une lettre à Drieu La Rochelle de [septembre] 1942, où il dit s'y trouver jusqu'à 11h.  Mais Y. F. Jaffré - qui sera son avocat - affirme qu'AR n'y aurait pas de bureau : il y vient tous les jours aux alentours de midi, à vélo, pour déposer son bulletin... et parfois récupérer son courrier. Travail épuisant, réalisé essentiellement la nuit, de 12 à 18h par jour, écrit Robin.
Dans une lettre à Jean Paulhan, datée du 14 novembre 1944, AR écrira : Il est évidemment faux que j'ai fait un travail direct quelconque pour le 2e bureau, mais il est bien exact que sous l'occupation les services de renseignements militaires ainsi que le parti communiste recevaient mon bulletin d'informations.
A noter qu'officiellement le 2e bureau (service de renseignement de l'armée française) a été dissous pendant l'Occupation, remplacé par le CIG (Centre d'Information Gouvernemental), piloté par Darlan, et que pendant ce temps la France libre disposait aussi naturellement de son 2e bureau. On peut donc comprendre qu'AR n'a jamais travaillé à la demande du service de renseignements militaires de Vichy, mais qu'il savait que son bulletin lui était transmis. Pour compenser, il le transmettait aussi au journal  L'humanité. La 2e affirmation est une constante chez Robin et n'a jamais été démentie.

juin Reparution de Comoedia, hebdomadaire littéraire toléré par la censure allemande, où écriront désormais de nombreux écrivains français. Il est vrai qu'il se limite strictement au littéraire. On comprend donc qu'AR puisse y participer.
juillet écrit en 2 mois l'essentiel du Temps qu'il fait. Mais le projet lui trotte dans la tête depuis  novembre 1939 au moins.
août  
septembre  
octobre 22 : lettre à JP : termine la traduction du Satyros de Goethe, qui lui a été confié pour l'édition de Goethe dans la Pléiade; doit remettre le manuscrit pour le 27; envisage de faire aussi le Mahomet qu'il terminerait pour le dimanche 2 novembre. Souhaite aussi travailler pour le tableau de la litérature: Hugo, Châteaubriand, Vigny. Témoignage de difficultés de la vie pendant la guerre : "nous avons fini par manger la poule". A enregistré une interview pour radio Vichy, mais se défend de s'être laissé entraîner quelque invitation même légère à la collaboration: " ils ont voulu que je dise un mot, un seul; ils ne l'ont pas obtenu; ... mais je crains qu'ils ne l'aient fait ajouter par le speaker pour "chapeauter" l'ensemble".

23 : lettre à Drieu La Rochelle : lui envoie la manuscrit du Temps qu'il fait que Drieu a demandé aux fins d'en publier un extrait dans la nrf: accord d'AR, qui au passage traite son oeuvre d'enfantillage. Le livre doit paraître chez Gallimard pour le 15 décembre.

25 : 1er article d'une série de 4 au Figaro Littéraire : "Les agrégatifs souffrent-ils d'une crise spirituelle ?" Seule colaboration connue à ce journal.

novembre Cette année AR est inscrit à l'Ecole des Langues Orientales pour le Chinois

8, 11 et 18  : suite des  articles au Figaro Littéraire.

décembre nrf : chevaux, extrait du Temps qu' il Fait

20 : 1er article à Comoedia : A propos du cinquantenaire de la mort d'un poète (Arthur Rimbaud) : "Il a beau être connu, signalé, pisté, traqué, imité, reproduit, singé, décalqué, il reste l'introuvable : quoi qu'on fasse, il reste le mirage qu'il était d'abord".

25 : écrit Pendant que l'enfant dort, qui paraîtra début  1942 dans La jeune poésie et ses harmoniques

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