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Armand Robin
1912 - 1961 : éphéméride

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- 1946  en cours de construction -

janvier sans date précise : longue dédicace-lettre des Poèmes Indésirables qui viennent de paraître à Jacques Permezel, son condisciple à Lyon : J'ai beaucoup pensé à toi quand j'ai vu où on menait ce monde. Je me rends compte que j'avais trop laissé de côté la vérité intérieure pour les séductions de ce monde qui sombre dans des conceptions matérialistes et meurt de n'être qu'extérieur. Ceci n'est qu'un point de départ ; je n'ai jamais mieux compris la parole de l'Evangile : "il faut se dépouiller du vieil homme"; il faut que je le tue par la lutte permanente en moi contre moi. Je pars de l'anarchisme pour pouvoir, rejetant le communisme en arrière, chercher une vérité nourrissante pour l'âme. Je comprends maintenant pourquoi A. Blok avait mis le Christ, invisible, à la tête des Douze.
Suit une 1ère signature et un très long post-scriptum, dans lequel il indique clairement sa participation à la Résistance, mais aussi son refus de la "résistance littéraire", puis il informe son correspondant sur son métier d'écouteur des radios, signe une 2e fois et amorce un dernier post-scriptum :
Encore un mot : j'aime beaucoup les anarchistes ; je vois maintenant que dans les milieux de gauche, ils étaient les seuls sincères et désintéressés ; tout simplement, je crois, parce qu'ils se placent uniquement sur un plan humain et jamais sur le misérable plan des tactiques politiques. Mais leur pensée est inconsistante : il leur manque quelque chose d'essentiel; ils démolissent le Mal (ce qui est déjà quelque chose ; ils démoliront un jour le matérialisme historique), mais ils ne construisent pas le Bien.

2 : Lettre dactylographiée à Jean Bouhier, qui lui a demandé - lui aussi - des textes à publier... malgré la liste noire ! Lesquels ? Impossible de le savoir : manque de précision, mais ce ne sont pas les Poèmes Indésirables ni Ady ni Pasternak. AR refuse : il ne peut plus publier "sous des formes ordinaires". Il envisage donc une autre solution : Je crois que le mieux est que je publie ces textes sous la même forme que ceux d'Ady et de Pasternak : comme je supprime tout droit de propriété, un éditeur peut ensuite les reprendre et les publier comme il l'entennd. Pour les textes en question, je les publierai à quelque 200 ou 300 exemplaires seulement. Ce qui est un peu gênant, c'est que mes possibilités individuelles sont assez limitées et que je ne sais pas quand j'aurai les moyens d'abord de faire ce travail, ensuite de l'éditer moi-même. Je dois en outre en ce moment supporter les frais d'une édition de mes poèmes en russse, édition destinée à remplacer à l'intérieur de l'URSS les feuilles dactylographiées qui y circulent).
Annonce la création d'une revue nouvelle (de tendance littéraire) par la Fédération Anarchiste : ce sera sans doute Plus loin, dont le 1er numéro paraîtra en mars : AR n'y publie rien conformément à ce qu'il annonce dans sa lettre. Mais il collaborera au N°2 en juin.

16 : lettre dactylographiée avec beaucoup de ratures à Jean Paulhan : ça commence par un très sec Paulhan, et ça se termine par Ceci mettra fin à nos relations (manuscrit) ! Nous plongeons donc dans une nouvelle ère glaciaire dans les relations entre les deux hommes. AR lui exprime sa philosophie et sa démarche d'homme/poète du peuple venu du peuple... et il a compris que c'est Paulhan qui la contrarie : Cette dernière lettre m'a dévoilé tout le jeu que vous n'avez cessé de jouer à mon égard : vous vous attaquez au fait que je parle en tant qu'omme venu du peuple tout simplement parce qu'une poésie exprimant authentiquement le peuple est ce qui est le plus rigoureusement interdit en ce moment de l'humanité. mais justement il est évident que je suis venur pour rompre cet interdit. Et cet interdit sera rompu : la poésie prolétarienne na$itra précisément de la défense faite par le sorganisatuions réactionnaires communistes, socialistes, fascistes, etc. Il n'y a rien à faire contre cela. Tout ce qu'on fera contre elle (notamment ma "tactique du silence") l'aidera. [...] Nous ne nous reverrons certainement jamais; ou si nous nous revoyons, du moins ne vous serrerai-je jamais la main. (en gras, et pour des raisons de lisibilité les passages en majuscules dont AR commence à abuser à tout instant, y compris dans les poèmes indésirables.
Et cela se termine par un post scriptum où AR se révèle à nous comme un être surveillé, traqué : Je mettrai cette lettre à la poste dès que je serai sûr qu'un double aura franchi la frontière : pour la première fois en effet la France est un pays fasciste et les hommes de gauche doivent prendre des précautions.

février 7: pneu à Jean Paulhan, à son domicile personnel, sans en-tête sinon Président de l'hitléroïde CNE : AR demande 10 millions de dommages et intérêts au CNE pour l'avoir mis sur la liste noire à cause de ses origines prolétariennes. Annonce qu'une copie du pneu part pour l'étranger...
mars
avril  
mai  
juin Plus loin, N° 2, périodique littéraire, social-scientifique, économique, philosophique et artistique de l'anarchisme : parution de 2 extraits des poèmes indésirables : l'avant propos au lieu de titre de propriété et  Un (le) poète venu de peuple . Armand Robin souscrit à la revue (qui va disparaître avec son 2e numéro) pour 80 francs. AR avait annoncé ainsi la naissance de cette revue à Jean Bouhier le 2 janvier : La Fédération Anarchiste se prépare à publier une revue qui rompra entièrement avec les oppressions de ce temps ; j'ai demandé par exemple qu'elle publie des textes d'un homme comme Jouhandeau, ridiculement interdit, qu'elle publie même des textes de quelques hommes pourtant compromis dans la littérature de résistance comme Eluard et Paulhan ; mais pour ma part je ne pourrai pas y publier, car j'ai le sentiment que je ne souffre pas encore assez avec l'humanité actuellement réduite à une sorte de vie dans un souterrain. Inutile de préciser au vu des sommaires des 2 numéros parus que les désirs de Robin n'ont pas été suivis d'effet, loin de là.....
juillet  
août  
septembre  
octobre  
novembre  
décembre  

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