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Armand Robin
1912 - 1961 : éphéméride

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- 1933 -

janvier AR poursuit ses études universitaires à Lyon, où il fait la connaissance de Marcel Laurent. Il commence aussitôt des études de Polonais et de Russe, et sans doute aussi d'Allemand. Il est boursier à 500f/mois, somme allouée sur 10 mois.
11 : lettre à Alain Bourdon: veut faire un stage pédagogique de 6 semaines nécessaire pour le DES; passer ce DES; se faire ajourner au conseil de révision et préparer un voyage en URSS.
février 1er : lettre à Jean Guéhenno : annonce un séjour d'un mois en Allemagne à Pâques, ne pouvant retourner chez son père.
ajourné au service militaire pour la 2e fois.
mars
avril 6 : Lettre à Francis Berthou, condisciple de Campostal : AR se trouve à Saig en Allemagne depuis une semaine, où il est témoin des premières manifestations nazies. Le séjour durera jusqu'au 20 avril.
mai
juin 3 : obtient son DES :
Sujet du mémoire :  le pastiche mimétique dans La Légende des siècles sous la direction d'Albert Pauphilet
Texte grec :  Le banquet de Platon (Robert Flacelière)
Texte latin: l'Héautontimoroumenos de Térence (allusion sans doute à sa situation personnelle face à son père... qui l'aurait chassé.) (Charles (?) Yon)
Texte français: La Légende des Siècles (Albert Pauphilet)
Matière à option: paléographie (Albert Pauphilet)
15 : admis au certificat de garmmaire et philologie: voici donc AR licencié es lettres et même Diplômé de l'Enseignement Supérieur.
Appréciations de ses professeurs à l'issue de l'année scolaire 32-33: "De l'intelligence et de la curiosité d'esprit", d'après Humbert; "a obtenu sans difficultés son Diplôme d'études supérieures" d'après Delapart, ce qui ne manque pas de sel quand on sait qu'AR a dû recourir à "un coup de force" pour obliger la faculté à accepter le principe de passer la même année le dernier certficat de licence et le DES !
été *** AR a obtenu sur concours une bourse du gouvernement polonais pour un voyage en Pologne. Il en profite pour passer en URSS, sans doute Ukraine, Volga, Kazan, Moscou et retour par les Pays Baltes.
septembre 9 : AR est à Moscou à l'hôtel Novo Moskovskaya (hôtel Nouvelle Moscou), rue Moskovskaya, l'un des grands hôtels gérés par l'agence Intourist " à des conditions avantageuses... mais je me suis toujours promené sans guide officiel" ; il continue sur une carte postale à son ami Jacques Permezel de Lyon: "Tu sais à quel point j'étais disposé à juger favorablement l'URSS; mais la réalité dépasse et de très loin toutes mes espérance s: c'est non pas eulement de nouvelles usines, de nouvelles maisons (tous les 50m à Moscou l'on construit de formidables édifices que j'ai devant les yeux, mais encore une nouvelle humanité, jeune, énergique, résistante aux pires souffrances et enfin débarrassée de cet antagonisme de classe qui rend la vie infernale ailleurs. [ ... ] réellement c'est bien ici notre patrie à tous. j'ai la sensation de vivre parmi les paysans de chez moi, mais des paysans débarrassés de la servilité et de l'ignorance."...  Une carte postale au boulanger de Rostrenen témoigne du même enthousiasme, puisqu'il lui écrit qu'il se trouve dans "le pays où le peuple est roi".
Le voyage n'est pas fini... A son retour il se montre fort peu prolixe, lâchant à un ami insistant un laconique: "tout n'est pas parfait". Il lui faudra 2 ans avant de pouvoir écrire ce qu'il a réellement vu: Ce que tu as vu, c'est la famine, ce sont des paysans qui depuis 18 mois n'ont jamais mangé ni viande, ni pain; ce que tu as vu, c'est un peuple à bout de souffle, un peuple mort ; souviens-toi de ces visages d'affamés, de ces regards éteints; ce que tu as vu, ce sont des hommes qui à force de souffrir bêtement ont perdu jusqu'au sentiment de la souffrance, le plus précieux de tous. Ce que tu as vu ce sont des consciences traquées, des âmes sans espoir, épouvantées des horreurs qu'elles ont traversées; ce que tu as vu, c'est une jeunesse abrutie, persuadée que les Soviets ont inventé l'électricité et de bien autres choses. Ce que tu as entendu, c'est: presque le tiers de la population mort de faim en Ukraine dans l'hiver 1931-1932; des villages cernés et bombardés; la famine sur les bords de la Volga, le brigandage dans la région de Kazan; l'épidémie de typhus, crainte partout et faisant d'innombrables victimes, mais tue par ordre du gouvernement; les paysans morts dans les rues de Kiev et de Moscou qu'ils avaient envahis, etc... Ce que tu as aperçu ce fut un cauchemar, ce fut un monde dans lequel tout sens de la dignité humaine est mort, traqué".
octobre Lettre sur son séjour en URSS aux parents de Marcel Laurent, condisciple de Lyon, auteur de "Armand Robin et la poésie poignante", à compte d'auteur, 1980, épuisé.
novembre 3 : inscription à la fac de lettres de Lyon pour préparer l'agrégation. Son domicile a changé: il habite désormais 33 quai Gailleton, à proximité de la rue Laurencin et donc de la faculté des lettres.
suit des cours d'Italien (cours du soir - hors université)
28 : décès au bourg de Plouguernével de Marie Rose Goubin // Goupil // Goubil, mère d'Armand Robin. Les trois graphies (avec signatures différentes, parfois raturées) existent sur des actes différents d'état civil.

décembre 3 : lettre à Jean Guéhenno : "ma pauvre mère est morte : sa mort fut plus heureuse que sa vie, qui n'en fut pas une, mais plutôt une souffrance perpétuelle une suite poignante de mauvais traitements journaliers ; elle vécut comme l'ombre d'une personne, sans avoir jamais pu par­venir à la dignité d'un être; elle vécut dans une sujétion et dans une peur perpétuelle, n'osant exprimer la moindre volonté, car la moindre volonté était punie. Que de fois celui que la loi m'oblige d'appeler mon père lui a souhaité qu'elle disparaisse ; que de fois elle-même a désiré cette tranquillité, qu'aucune méchanceté humaine ne pourra jamais troubler ! Les seuls jours heureux de sa vie furent ceux qui précé­dèrent sa mort; elle n’eut jamais conscience de s'en aller et passa avec un sourire heureux."

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*** Les événements ainsi marqués, quoique authentiques, ne peuvent être datés de manière très précise. Ils figurent en tête de l'année ou du mois.

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